Stylos en folie
Prix ANCP 2020

Association professionnelle agréée par le ministère de l'Éducation nationale (JO 24 juillet 2020)

BOEN n°29 du 16 juillet 1992 
Participation d’intervenants extérieurs aux activités d’enseignement dans les écoles maternelles et élémentaires.
Circulaire n°92-196 du 3 juillet 1992

pdf8.1.4_Circulaire2010_complément1992.pdf

(Éducation nationale et Culture : bureau DE 10) modifiée par la Loi n°2003-339 du 14-04-2003, art.4 ,, VIII. Cf. Code de l’Education, V1, Livre 3, Titre VI, Chapitre III, art. L 363-2. (article abrogé) modifiée par la circulaire n°2010-191 du 19 octobre 2010 2
NOR : MENE9250275C
RLR : 724-4
Texte adressé aux recteurs, aux inspecteurs d’académie, directeurs de services départementaux de l’Éducation nationale (pour attribution) et aux préfets (pour information).
Le développement de formes d’organisation pédagogique impliquant le travail en groupes et la participation d’intervenants extérieurs justifie d’autoriser les enseignants à confier, dans certaines conditions, l’encadrement de tout ou partie des élèves à ces intervenants. Cette possibilité s’inscrit dans le cadre de la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989 [modifiée].
Dans cette situation nouvelle, il est apparu nécessaire de préciser le rôle des maîtres dans l’organisation de ce type d’activité ainsi que les conditions d’encadrement des élèves.
Il s’agit, en effet, de permettre aux établissements scolaires d’être mieux ouverts sur le monde extérieur tout en donnant aux enseignants les moyens de s’assurer de la qualité des prestations fournies aux élèves dont des intervenants extérieurs auraient momentanément la charge et en même temps de veiller à ce que la sécurité des élèves soit, en toutes circonstances assurée. Ceci suppose que l’enseignant ait toujours, d’une manière ou d’une autre, la maîtrise de l’activité en cause.
L’organisation générale des activités et le rôle de chaque participant doivent être définis avec précision. Il importe, en particulier, que soient clairement explicités, d’une part, ce qui relève de l’organisation pédagogique qui est de la responsabilité de l’équipe des enseignants ou de l’enseignant concerné et, d’autre part, ce qui relève des mesures de sécurité à mettre en oeuvre. L’organisation et la préparation de ces séances font l’objet d’une concertation entre les différents partenaires. Ces dispositions revêtent une importance d’autant plus grande que les activités comportent des risques particuliers.
Ces activités s’intègrent nécessairement au projet pédagogique de la classe qui est lui-même la traduction des objectifs du projet d’école.
Les précisions données ci-dessous ont, en définitive, pour objet de faciliter la collaboration entre les enseignants et les personnes appelées à intervenir dans le cadre des activités d’enseignement grâce à une meilleure connaissance du rôle et des responsabilités de chacun.
Seront donc examinées successivement, d’une part, le rôle respectif des enseignants et des intervenants extérieurs et, d’autre part, les responsabilités qui leur incombent.

I. Rôles respectifs des enseignants et intervenants extérieurs :
A. Le rôle des enseignants :
La responsabilité pédagogique de l’organisation des activités scolaires incombe à l’enseignant titulaire de la classe ou à celui de ses collègues nommément désigné dans le cadre d’un échange de services ou d’un remplacement. Il en assure la mise en oeuvre par sa participation et sa présence effective.
Le rôle du maître en cas de participation d’intervenants extérieurs est défini par le titre 5.4 de la circulaire n°91-124 du 6 juin 1991 (règlement type départemental). Il est indiqué, notamment, que le maître peut se trouver déchargé de la surveillance de groupes d’élèves confiés à des intervenants
extérieurs, sous réserve que : « - Le maître par sa présence et son action assume de façon permanente la responsabilité pédagogique de l’organisation et de la mise en oeuvre des activités scolaires,
- le maître sache constamment où sont ses élèves,
- les intervenants extérieurs soient placés sous l’autorité du maître ».
Trois situations doivent être distinguées :
1. Organisation habituelle :
La classe fonctionne en un seul groupe. L’enseignant doit alors assurer, non seulement l’organisation pédagogique de la séance, mais également le contrôle effectif de son déroulement.
2. Organisations exceptionnelles :
a) Les élèves répartis en groupes dispersés sont encadrés par des intervenants extérieurs et l’enseignant n’a en charge aucun groupe en particulier. Son rôle est le même que dans le cas précédent. Le contrôle sera adapté aux caractéristiques du site et à la nature de l’activité. Sauf impossibilité matérielle, l’enseignant procèdera au contrôle successif du déroulement de la séance dans les différents groupes et à la coordination de l’ensemble.
b) Les élèves répartis en groupes dispersés sont encadrés par des intervenants extérieurs et l’enseignant a en charge directement l’un des groupes. L’enseignant n’aura plus à assurer le contrôle du déroulement de la séance. Son action consistera à définir préalablement l’organisation générale de l’activité avec une répartition précise des tâches et à procéder a posteriori à son évaluation.
Dans ces trois situations, il appartient à l’enseignant, s’il est à même de constater que les conditions de sécurité ne sont manifestement pas réunies, de suspendre ou d’interrompre immédiatement l’activité. Le maître informe, ensuite, sans délai, sous couvert du directeur, l’inspecteur de l’Éducation nationale de la mesure prise.
B. Le rôle des intervenants extérieurs :
L’intervenant extérieur apporte un éclairage technique ou une autre forme d’approche qui enrichit l’enseignement et conforte les apprentissages conduits par l’enseignant de la classe.
Il ne se substitue pas à lui.
Cette situation n’implique pas pour autant que l’intervenant ne puisse prendre aucune initiative, dès l’instant qu’elle s’inscrit dans le cadre strict de ses fonctions. Ceci vaut, en particulier, pour les intervenants spécialistes qui ont une qualification reconnue et dont le rôle ne peut se borner, en conséquence, à l’exécution passive des instructions des enseignants.
En outre, lorsqu’un intervenant se voit confier l’encadrement d’un groupe d’élèves, en particulier dans la situation visée au I.A.3 3 ci-dessus, c’est à lui de prendre les mesures urgentes qui s’imposent, dans le cadre de l’organisation générale arrêtée par l’enseignant ou, le cas échéant, des dispositions
fixées par convention pour assurer la sécurité des élèves.
Les conditions d’autorisation des intervenants extérieurs et, le cas échéant, les agréments nécessaires et les qualifications exigées sont rappelées en annexe 1.
C. Cadre dans lequel est défini le rôle de chacun :
Les activités pédagogiques qui incluent la participation d’intervenants extérieurs étant inscrites dans le projet d’école, les membres de la communauté éducative sont en règle générale associés à la définition des termes de la participation de ces intervenants.
1. Les interventions ponctuelles et les participations bénévoles :
Dans ce cas, les activités s’exercent sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant ou des enseignants concernés, à charge pour eux, compte tenu, notamment, des qualifications techniques éventuellement détenues par les intervenants concernés, de définir les conditions d’exercice des activités et les règles de sécurité à mettre en oeuvre.
2. Intervention de collectivités publiques ou d’associations :
Une convention doit être signée lorsque les intervenants extérieurs sont rémunérés par une collectivité publique (autre administration de l’État ou collectivité territoriale) ou appartiennent à une personne morale de droit privé, notamment une association, et interviennent régulièrement dans le cadre scolaire.
Elle est passée entre la collectivité territoriale ou l’association concernée et, selon l’extension de son champ d’application, l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale ou l’inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription. Le ou les directeurs d’école concernés contresignent la convention dont un exemplaire reste à l’école.
Cette convention comporte des dispositions relatives à l’organisation des activités en cause, notamment au rôle des intervenants, et à la définition des conditions de sécurité.
Un modèle de convention est donné en annexe 2. Il s’agit d’un cadre général dont le contenu doit être adapté à la diversité des situations.
Malgré l’existence d’une convention, l’utilité de réunions préparatoires à certaines activités demeure entière.
 

II. Mise en oeuvre de la responsabilité des enseignants et intervenants extérieurs :
1. L’enseignant :
La participation d’intervenants extérieurs au cours des activités scolaires ne modifie pas les conditions de mise en jeu de la responsabilité des enseignants.
Toute faute commise par un enseignant dans l’exercice de ses fonctions qui serait à l’origine d’un dommage subi ou causé par un élève peut susciter une action devant les tribunaux :
- S’agissant de l’action en réparation, en application de la loi du 5 avril 1937, la responsabilité de l’État se substitue à celle de l’enseignant par la faute duquel les dommages ont été subis ou causés. L’État a donc à en assurer l’indemnisation.
- Sur le plan pénal, la responsabilité de l’enseignant, comme celle de tout citoyen, est personnelle. Ainsi, en cas d’accident grave dont il semblerait pénalement responsable, l’enseignant pourrait avoir à comparaître devant un tribunal répressif à raison des faits qui lui sont reprochés. Le tribunal aurait alors à apprécier si ces faits sont constitutifs d’une infraction pénale.
2. Les intervenants extérieurs :
La responsabilité d’un intervenant extérieur peut également être engagée si celui-ci commet une faute qui est à l’origine d’un dommage subi ou causé par un élève. 
- S’agissant de l’action en réparation, il est vraisemblable, sous réserve de l’appréciation souveraine des tribunaux, que la loi du 5 avril 1937, qui vise expressément les membres de l’enseignement public, ne s’applique pas aux intervenants extérieurs ; en tout état de cause leur responsabilité serait cependant garantie, selon les cas :
--> par la collectivité publique qui les rémunère, selon les règles habituelles du droit public,
--> par leur employeur, en application de l’article 1384 du code civil, s’il s’agit de salariés privés,
--> par l’État, s’il s’agit d’intervenants bénévoles, conformément à la jurisprudence en matière de collaborateurs bénévoles du service public.
- La responsabilité pénale de l’intervenant peut, évidemment, être aussi engagée, dans les mêmes conditions que celle de l’enseignant, s’il a commis une infraction à l’origine d’un accident grave subi ou causé par un élève.
La qualification que possèdent des intervenants spécialistes est généralement un élément d’appréciation retenu par les tribunaux pour rechercher leur responsabilité éventuelle.
Le titre V. – Responsabilité des intervenants extérieurs – de la circulaire n°87-124 du 27 avril 1987 4 relative à l’enseignement de la natation est abrogé.
Je vous demande de bien vouloir informer des ces dispositions les inspecteurs de l’Éducation nationale chargés d’une circonscription d’enseignement primaire, les directeurs d’école et les enseignants du premier degré.

Les collectivités territoriales et les associations concernées devront être également informées.
Pour le ministre et par délégation,
Le directeur des Écoles,
A. LEGRAND.

ANNEXE I

Sont rappelées ci-dessous les conditions auxquelles est soumise la participation d’intervenants extérieurs dans les écoles.
A. Autorisation et agrément :
1. Autorisation du directeur d’école :
a) Les intervenants bénévoles, notamment les parents d’élèves, doivent recevoir une autorisation du directeur d’école pour intervenir pendant le temps scolaire.
b) Tous les intervenants extérieurs rémunérés, appartenant ou non à une association relevant des dispositions du décret relatif aux relations du ministère chargé de l’Éducation nationale avec les associations qui prolongent l’action de l’enseignement public, doivent également être autorisées par le directeur d’école, même dans le cas où il est cosignataire de la convention visée au titre I.C de la circulaire.
2. Agrément de l’inspecteur d’académie :
Cet agrément est prévu dans un certain nombre de domaines particuliers : enseignement du code de la route, classes de découverte, éducation physique et sportive, activités physiques de pleine nature , éducation musicale , enseignement de la natation (circulaire du 27 avril 1987).
Dans ces domaines, les intervenants extérieurs sont préalablement agréés par l’inspecteur d’académie conformément à la note de service n°87-373 du 23 novembre 1987.
Pour les classes culturelles et les ateliers de pratiques artistiques et culturelles, l’agrément est donné par l’inspecteur d’académie en application des circulaires n°89-279 du 8 septembre 1989 et n°90-312 du 28 novembre 1990.
B. Qualifications et diplômes pour l’EPS et les enseignements artistiques :
- Diplômes de sciences et techniques des activités physiques [et sportives] (STAPS) délivrés par les universités ;
- Diplômes et brevets d’État d’éducateurs sportifs des différentes disciplines délivrés par le ministère chargé de la Jeunesse et des Sports (tableau B de l’annexe à l’arrêté du 30 juillet 1965 modifié notamment en application du décret n°72-490 du 15 juin 1972 et validé par la loi n°90-567 du 4 juillet 1990) ;
- Diplômes et qualifications définis par le décret du 6 mai 1988 et l’arrêté du 10 mai 1989 pour les intervenants spécialistes dans les enseignements artistiques : pour les personnes non titulaires d’un diplôme préparant directement à l’intervention en milieu scolaire, la compétence professionnelle est vérifiée par les services régionaux des affaires culturelles.

ANNEXE II

Modèle de convention pour l’organisation d’activités impliquant des intervenants extérieurs
Entre :
- la collectivité territoriale représentée par ............
ou
- la personne de droit privé représentée par ...........
et
- l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale de ....
ou
- l’inspecteur chargé de la circonscription de .....
Il a été convenu ce qui suit :
Article 1 : Définition de l’activité concernée.
Article 2 (éventuel) : Rappel des grandes orientations pédagogiques définies dans le projet pédagogique de l’école ou des écoles concernées.
Article 3 : Conditions générales d’organisation et conditions de concertation préalable à la mise en oeuvre des activités.
(Notamment conditions d’information réciproque en cas d’absence ou de problème matériel justifiant l’ajournement de la séance).
Article 4 : Rôle des intervenants extérieurs.
Article 5 : Conditions de sécurité.
Article 6 : Durée de la convention :
La convention signée en début de l’année scolaire a une durée d’un an. Elle est renouvelable par tacité reconduction, sauf dénonciation par une des parties, avant le début de l’année civile pour l’année scolaire suivante. Par ailleurs, la convention peut être dénoncée en cours d’année soit par accord entre les parties, soit à l’initiative de l’une d’entre elles. Dans ce dernier cas, la dénonciation doit faire l’objet d’un préalable motivé de trois mois.

Signatures.